monde de warcraft

Au fil des ans, le développeur Blizzard s'est forgé une solide réputation auprès des joueurs grâce à sa série Diablo, mais aussi grâce à ses excellents jeux de stratégie en temps réel. En effet, avec Warcraft II, la compagnie a réussi à créer un univers médiéval magique tout en sachant innover sur les autres jeux du même type. Le jeu est désormais considéré comme un classique, laissant ainsi son prédécesseur dans l'ombre. Par la suite, les génies chez Blizzard ont imaginé un monde futuriste avec Starcraft. Ce titre exceptionnel représentait un pas en avant pour les jeux de stratégie, car il offrait avec brio le choix de trois clans complètement différents, créant ainsi des milliers de possibilités stratégiques. Avec l'annonce d'un troisième opus à la série Warcraft, Warcraft III: Reign of Chaos, les joueurs s'attendaient évidemment à un autre chef-d'œuvre. Je vais vous rassurer en vous disant que c'est bel et bien le cas, avec un léger bémol cependant.

     Ce n'est un secret pour personne, Blizzard a toujours réussi à créer des histoires intrigantes, immersives et pleines de rebondissements. Dans Warcraft III, la magie est toujours présente. Alors que la Terre porte toujours les marques des guerres anciennes, Thrall, un chef orc, fait un rêve qu'on pourrait même qualifier de cauchemar. Une superbe cinématique nous montre donc un face à face fatal entre les humains et les orcs, avec comme seul témoin un corbeau. À son réveil, Thrall est en sueur et il est visiblement soulagé que son cauchemar atroce soit chose du passé. Or, à la sortie de sa hutte, en mettant un pied sur le sol mouillé de son campement, notre orc rencontre à nouveau le fameux corbeau. Ce dernier est en fait un prophète et il annonce au guerrier qu'il vient d'être victime d'une vision qui pourrait devenir son avenir si jamais il ne quitte pas immédiatement les lieux pour se réfugier à Kalimdor, le seul endroit où les démons qui ont mis un terme à son cauchemar pourraient être vaincus. Thrall, malgré des doutes persistants, se voit obligé d'obéir au prophète.

     Il s'agit en fait du prologue de WIII. Il est accompagné de deux missions servants de tutoriel. La première nous apprend les rudiments du combat et de l'exploration alors que la deuxième nous familiarise avec la construction d'une base. Les habitués des jeux de Blizzard n'y verront peut-être pas l'intérêt, mais je vous conseille tout de même de les faire question de suivre l'histoire et pour apprivoiser l'interface qui est, soit dit en passant, très simple. Après le prologue, la véritable campagne commence. On s'aperçoit rapidement que contrairement à Starcraft et Warcraft II, les campagnes de chacune des races s'entrecoupent, c'est-à-dire qu'après le prologue avec les orcs, vous êtes plongés dans l'univers des humains et lorsque que cette étape se termine, celle des Undead (morts-vivants) débute, mais l'histoire se suit constamment. Justement, l'histoire évolue rapidement avec la race humaine. Encore une fois, le prophète fait sentir sa présence en apportant le même discours aux gouvernants humains. Par contre, ceux-ci n'écoutent pas le message n'ayant aucune preuve solide pour accompagner les affirmations du fou qui se tient devant eux. C'est donc au fil de plusieurs missions que vous découvrirez une histoire très bien tissée avec plusieurs rebondissements parfois prévisibles et imprévisibles, mais toujours crédibles.

     Parlons maintenant du jeu en général. Pour faire une histoire courte, Warcraft III reste un jeu de stratégie «à la Blizzard». L'interface est simple, intuitive et les raccourcis clavier sont toujours à l'honneur. La mini-map se retrouve toujours dans le coin inférieur gauche alors que les actions se situent en bas à droite. Une barre d'options a été ajoutée en haut de l'écran pour montrer l'état des ressources, soient l'or, le bois (l'huile a été laissée de côté) et la population. Il est important de mentionner que notre population influence directement la collecte de l'or. Plus votre population est grande, plus il faut de ressources pour la «maintenance» et moins l'argent entre rapidement dans les coffres. Cette situation apporte quelques éléments stratégiques supplémentaires. De plus, un indicateur de temps qui donne l'heure a été greffé à la barre supérieure. En effet, les jours se suivent et un cycle jour/nuit est de la partie. Il influence très peu le déroulement du jeu, si ce n'est pas que les unités voient moins loin lorsque la nuit bat son plein.

     Pour la première fois, Blizzard a introduit quatre races dans un de ses jeux (au départ il devait y en avoir cinq). En plus des deux races «classiques», les orcs et les humains, on retrouve les morts-vivants et les elfes. Un des gros problèmes de Warcraft était que les orcs et les humains possédaient des unités identiques mais avec des noms différents. Le «footman» des humains était le «grunt» chez les orcs alors que le «paladin» était une copie carbone du «death knight». Dans Warcraft III, cette situation est réglée. Les humains ont très peu changé au niveau des unités, si ce n'est que les archers sont devenus des «riflemen» et les «zeppelins» des «gyrocopters». On retrouve encore les bons vieux paysans («peons») avec leurs célèbres phrases, «Yes my Lord» et «Job's done». Les orcs ont un visage assez différent en plus de l'ajout de quelques unités dont les Tauren. On notera aussi le transfuge des «Death knights» vers les morts-vivants et la disparition des dragons qui laisse place aux Wyverns.

     Si on analyse les Undead (morts-vivants), on se rend rapidement compte qu'ils possèdent des caractéristiques semblables à celles des Zergs et des Protoss dans Starcraft. En effet, tout comme avec les Zergs, les bâtiments doivent absolument être construits sur une surface créée par le bâtiment principal, dans ce cas-ci, le Necropole. Ensuite, à la manière des Protoss, les Acolytes (équivalents des paysans) des Undead incantent les bâtiments au lieu de les construire. Ils peuvent donc faire autre chose rapidement. Il est important de mentionner qu'il est possible de détruire ces mêmes bâtiments afin de récupérer des ressources et de l'argents. Du côté de l'attaque, les morts-vivants sont énormément basés sur les cadavres. En fait, les unités d'attaque de base, les Ghouls, peuvent se régénérer en ingurgitant les cadavres produits par un cimetière, ou utiliser les cadavres des combattants qui sont tombés au combat. Les nécromanciens font aussi revivent les cadavres pour un petit laps de temps. Du côté des elfes, ils misent beaucoup sur les attaques en douceur, l'espionnage, etc… Ils sont puissants au niveau des unités de longue portée, alors qu'au corps à corps, ils sont moins efficaces. C'est la race que j'ai le moins explorée présentement.

     La plus grande nouveauté de Warcraft III est l'ajout des héros. Chaque race possède trois types de héros; chacun ayant ses propres caractéristiques. Le héros représente le côté RPG de WIII, car il acquiert de l'expérience et devient plus puissant après plusieurs combats. Il peut lancer des sorts et il est en mesure de garder certains objets comme des potions, des artifacts et des livres. Dans le mode solo, l'histoire est centrée sur le héros et c'est autour de lui que gravite l'action. Parfois il doit survivre, alors que d'autres fois il doit tuer son adversaire le plus coriace. En multijoueurs, le héros est aussi très important. Peut-être même trop. En fait, le problème vient du fait qu'un héros de niveau 6 est beaucoup plus puissant qu'un héros de niveau 5, car il peut alors ressusciter ses hommes morts au combat. Puisque les armées sont plus petites que dans Starcraft, il s'agit d'un net avantage. À noter qu'il est possible de ressusciter son personnage principal. Cette action a un prix toutefois.

     Graphiquement parlant, Warcraft III se démarque des autres jeux de stratégie particulièrement à cause des couleurs. Comme à son habitude, Blizzard a utilisé des palettes très diversifiées. Les environnements, que ce soit les forêts, la neige, ou l'eau, sont très détaillés. Ce phénomène est particulièrement visible lorsqu'on s'approche de l'action. Toutefois, les unités manquent un peu de finition et de résolution, probablement parce que les développeurs voulaient être capables de faire rouler le jeu sur des machines plus faibles. Certains guerriers sont plutôt «carrés», mais la beauté générale du jeu ne souffre pas de cette situation.

     Si on se penche sur le côté sonore, on s'aperçoit que tout a été très bien réalisé. Les bruits de la faune et de la flore sont efficaces et les sons produits lors des combats sont plus que respectables. Même si je n'ai jamais frappé avec une épée d'acier, je crois savoir que l'effet d'un coup d'épée ressemble à celui de WIII. Un petit point négatif va au dossier des voix des personnages, qui deviennent répétitives. C'est tout de même un plaisir de retrouver les célèbres citations des paysans et de certains guerriers. Tout comme dans Warcraft II, si vous cliquez sans arrêt sur un personnage, il finira par dire des conneries. La trame musicale n'est peut-être pas aussi excellente que celle de Starcraft, mais elle demeure au-dessus de la moyenne selon moi. Il n'est pas trop omniprésente non plus.

     Évidemment, le volet le plus important des jeux de Blizzard est le mode multijoueurs. Battle.net est encore à votre service, mais il est aussi possible de jouer en réseau. Au moment où vous lisez cette revue, les serveurs de Blizzard viennent tout juste d'être mis en ligne, donc je n'ai pas pu jouer sur Internet. J'ai tout de même joué contre des adversaires contrôlés par l'ordinateur et ma première constatation est qu'ils sont forts, ou est-ce moi qui est nul? De toute façon, le multijoueurs promet énormément et selon mes observations, les quatre races semblent bien balancées. Les parties sont souvent plus rapides, car le nombre d'unités possible a été coupé de moitié et même davantage. De mon côté, j'ai apprécié cette limite, puisqu'il est plus intéressant de faire de la micro-gestion. Mon problème principal dans les jeux de stratégie a toujours été de gérer de grosses armées. Tout en offrant beaucoup de complexité, la micro-gestion dans Warcraft III est plus intuitive. J'ai donc très hâte de poursuivre mon apprentissage en multijoueurs, car je suis présentement au niveau embryonnaire de mon développement.

     Le mode solo de Warcraft III peut prendre environ une dizaine d'heures à être complété, tout dépendant du niveau de difficulté que vous choisissez et de votre habileté à jouer au jeu. De mon côté, j'ai trouvé le mode normal plutôt facile. Comme vous le savez, l'essence même de la durée de vie d'un jeu de stratégie réside dans le mode multijoueurs et WIII a un potentiel énorme de ce côté. Le support de Blizzard au travers de retouches permettra sans doute d'apporter des changements intéressants. Enfin, l'éditeur de cartes est un outil exceptionnel qui permettra de créer une grande communauté sur Internet. Attendez-vous donc à voir des cartes de toute sorte dans les prochains mois sur le Web. Je survolais l'éditeur et il semble assez facile d'utilisation, même pour ceux qui n'ont jamais expérimenté ce genre de logiciel.

     Avant de conclure cette revue, j'aimerais mettre un léger bémol sur Reign of Chaos. Comme vous venez de le lire, je crois que c'est un excellent jeu. Par contre je ne suis pas certain qu'il sera aussi populaire que ses prédécesseurs, simplement car je trouve qu'il apporte moins de nouveautés et d'innovations par rapport à d'autres jeux de stratégie en temps réel. Ça me rappelle un peu la série Diablo alors que le deuxième volet était assez similaire au premier. Heureusement, c'est un bonheur total de retrouver l'univers de Warcraft et chaque minute de jeu est un réel plaisir.

     En terminant, je voudrais juste dire que cette revue est davantage une impression qu'une critique. En effet, il est impossible d'évaluer complètement les possibilités d'un jeu de cette trempe après avoir joué si peu de temps. Je commence seulement à découvrir des stratégies et à comprendre l'utilité précise de chaque unité. J'ai bien hâte de continuer l'exploration de ce titre fascinant qui malgré quelques lacunes, répond à mes attentes. D'ailleurs, j'y retourne!

Cotes de la critique
Gameplay : 90%
Graphismes : 93%
Audio : 90%
Contrôles : 90%
Challenge : 85%
Longévité : 95%
Cote globale (pas une moyenne) : 93%

Informations sur cette critique
Image diverse Warcraft III: Reign of Chaos

Écrit par Philippe Gamache
Publié le 2002-07-03 à 22:34:12


Article ajouté le 2007-02-16 , consulté 57 fois

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